WHO CARES?
Tokyo, Japon, avril 2009.
Voilà 5 ans, depuis leur prise en charge par leur tuteur, le jeune Dorian et la petite May sont partis vivre avec ce dernier au Japon. Ce tuteur se nomme Brian Lord, ancien criminologiste américain consulté par la police de Tokyo pour certaines affaires particulières.
Mais depuis le récent et suspect décés de Lord, Dorian et May se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un pays où ils peinent à construire leur identité. Dorian se résigne à mettre ses facultés d'analyse au service de la police dans l'espoir de pouvoir élever May, quite à flirter avec les plus sombres démons à visage humain. Certaines personnes semblent montrer un certain intérêt pour les deux jeunes gens alors que leurs passés respectifs demeurent drappés de mystère. Quel secret leur tuteur a-t-il emporté dans la tombe ?
Chapitre 1: Les Hommes sexuels qui sont des "istes".
Pour sa première enquête, Dorian Killian est missionné par le Metropolitan Police Department de dresser le portrait psychologique d'un tueur ayant assassiné cinq jeunes hommes sans aucun lien apparent.
Chapitre 2: Les Rossignols dans la Cage aux Nuages
Quand le cadavre d'une fillette est retrouvé dans la Sumida, l'avocate Matsushima fait appel aux services de Dorian.
Chapitre 3: Les Insectes qui regardaient le Soleil se lever à l'ouest
Un massacre commis dans un danchi tristement célèbre évoque de douloureux souvenirs pour Dorian.
C'est Quoi ?
C'est deux âmes égarées dans un pays qui leur est complètement étranger et où ils peinent à se construire une vie, abandonnés à leur sort sans grand espoir.
Plus que des histoires de crimes, leur parcours semble dépeindre les différentes étapes vers un crime. A plus d'une reprise, les enquêtes de Dorian et même de May ne sont que des reflets de leur situation sociale et relationnelle.
Personnages
Dorian
May
Masaaki
Kiriko
Ryuhei
Keishiro
Morale existentielle
Sans but, il est aisé de justifier n'importe quelle action, même celles qui sont condamnées par la société.
Dorian et May sont amenés à user voire abuser de leur sens logique de manière à garder une certaine distance avec le monde qui les entoure, afin de s'en protéger.
Mais le risque est de se couper de toute autre relation humaine et, dans le cas le plus extrême, de nier toute empathie au point que ce n'est plus le sens de la justice envers l'autre qui devient la motivation première des personnages mais eux-mêmes et ce qu'ils peuvent y trouver.
En somme, les personnages deviennent leur propre motivation sans réel but apparent que ce qu'ils voient dans le miroir social d'une société individualiste et égocentrique alimentée par le consumérisme.
équilibre moral
L'équilibre moral de Dorian comme de May se précarise dans la mesure où leur sens logique peut supplanter leur capacité à éprouver de l'empathie à l'égard des autres, des victimes de crime, de leurs proches mais aussi l'un par rapport à l'autre. Ce qui devait être le sens moral est évacué en tant que miroir social, jugé secondaire face au but que l’individu s’est fixé.
L'un et l'autre
D’abord porté par un attachement sincère, il finit par ne plus agir ni par amour ni par empathie, mais par fidélité à un objectif devenu abstrait. À mesure que sa logique se développe avec froideur, ses émotions s’effacent, et l’attachement initial, qui aurait pu servir d’ancre morale, devient lui-même un prétexte ou un vestige. Le but persiste, vidé de sens affectif, poursuivi mécaniquement, jusqu’à remplacer toute forme de jugement éthique.